L'origine de notre commune
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La collectivité territoriale de Rang-du-Fliers qui compte actuellement environ un peu plus de 4100 habitants, n'a pris naissance qu'en 1870. Très longtemps, elle n'a été qu'un hameau de Verton, bourg important, siège d'une seigneurie remontant au IXième siècle. La population de ce hameau vivait pauvrement au milieu des marais et des bas champs qui s'étaient formés au fil des siècles derrière un cordon dunaire dont les traces les plus visibles actuellement sont au niveau du parc de Bagatelle et du hameau d'EPY, à l'entrée de Merlimont.


Manoeuvriers, tisserands, badestauriers et quelques rares métayers occupaient les maisonnettes éparses bâties en torchis en bordure des nombreux fossés d'assèchement.


"RANG" vient de "RIN" signifiant canal ou "Tringue", tranchée d'assèchement consolidée par des branchages (on retrouve ce terme dans "La Grande Tringue" au nord de la commune).


"FLIERS" vient du flamand "VLIET" qui signifie "Petite Rivière". D'où le toponyme 'REIN-VLIET" (Rang-du-Fliers) qui a quelque peu évolué dans le temps. Ainsi on trouve RENG-DU-FLIEZ, dans un aveu de BEAURAIN (Château) daté de 1633, LERANG DEFLIER sur une carte de 1790 et Le RANG D'EFFLIERS sur carte d'État-major de 1830.


Une route unique reliant Berck à Montreuil, à l'origine un simple chemin un simple chemin de trois toises de large, avec un fond de gravier, traversait le hameau. Très longtemps, il fut emprunté par les mareyeurs berckois qui emmenaient les "ballons" chargés de poisson frais vers Amiens et Paris.


Le destin de Rang-du-Fliers bascula au milieu du 19ème siècle, lorsque fut entreprise la construction de la ligne de chemin de fer Paris-Calais. En 1848, les édiles de Verton refusèrent l'implantation d'une gare dans le bourg pour de supposées nuisances et décidèrent de son édification au hameau de Rang-du-FLiers.


Cette gare prit rapidement de l'importance, d'autant qu'une sucrerie construite à proximité vers 1858 connut elle aussi une prospérité sans cesse grandissante, employant jusqu'à 800 personnes avant 1914 au moment des campagnes betteravières.


Aussi, dès 1867, le hameau de Rang-du-Fliers avait tout pour faire une commune : une église (en 1864), un curé, un cimetière, une gare, une école, et une usine qui amenait de plus en plus d'ouvriers à s'y installer.


L'idée de séparatisme avait fait son chemin, entretenue par le manque d'intérêt manifesté par la commune mère de Verton. Après deux pétitions et bien des débats houleux, Rang-du-Fliers était érigée en Commune distincte par décret impérial en date du 17 juillet 1870.



Michel Troublé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Tortillard


De 1891 à 1955, Le Tortillard communément appelé ch'tacot ou ch'tiot train reliait Aire sur la Lys à Berck, via Montreuil sur Mer et Rang-du-FLiers.


Le journal officiel ayant déclaré en 1889, d'utilité publique les chemins de fer d'intérêts locaux d'Aire à Berck, la construction de ce nouvel axe ferroviaire à voie métrique débuta en 1890.


Dès juillet 1891, la Compagnie du chemin de fer du Nord mit en service 10 trains par jour entre Berck et Rang-du-Fliers et 2 trains entre Berck et Montreuil, tandis que les travaux se poursuivaient sur le reste de la ligne.


La ligne d'Aire à Berck fut effective en août 1893, et inaugurée officiellement le 11 septembre 1893.


Outre les aspects touristiques et économiques, cette implantation répondait à un véritable plébiscite des populations concernées et symbolisait l'irruption du modernisme à Berck (nouvelle station balnéaire). A toute vapeur, le Tortillard mettait six heures et demi pour relier Berck à Aire (97 Km), 54 minutes de Berck à Montreuil (moyenne 24 Km/heure) et 14 minutes de Berck ville à Rang-du-Fliers. Bon train allant, il acheminait les marchandises et les betteraves de Montreuil à la sucrerie de Rang-du-Fliers, lui assurant travail et prospérité.


Les édiles de Verton et Montreuil ayant refusé l'implantation d'une gare sur leur territoire, elle fut construite sur le hameau de Rang-du-Fliers (500 habitants), lui assurant prospérité et indépendance. Par décret du 17 juillet 1870, le hameau fut érigé en commune distincte.


La gare s'appela Montreuil-Verton, puis Rang-du-Fliers-Verton, et enfin Rang-du-FLiers-Verton-Berck. A l'époque la gare abritait des logements pour le personnel et un salon de réception qui accueillit l'Impératrice Eugénie et le Prince Impérial, accompagnés de ministres qui se rendaient à l'inauguration de l'Hôpital Napoléon à Berck (Hôpital Maritime, juillet 1869). La baronne de Rothschild s'y arrêta aussi lors de fréquentes visites à Berck.


L'exploitation se révéla bénéficiaire jusqu'en 1919. Dès 1920, bien que le trafic fut en hausse, la dévaluation de la monnaie semblerait être la cause initiale du déficit de la compagnie qui exploitait alors.


Le manque délibéré d'entretien des voies et du matériel par celle-ci, la concurrence des autocars, des camions et des voitures particulières sonnèrent le glas du Tortillard.


Le 28 février 1955, lors de son dernier voyage, le conducteur actionna en continu son avertisseur entre Berck ville et Berck plage. Quand il se tût vers 22h.35, le Tortillard avait rendu son dernier souffle, sans hommage ! Seuls les employés de la gare de Berck plage déposèrent sous les rails, tout leur stock de pétards de voie, ultime complainte au condamné...


Le fantôme du Tortillard reste très présent dans les mémoires locales, il évoque des souvenirs de jeunesse, la nostalgie du bon vieux temps...


A petite vitesse, il rendit bien des services, et à ce titre aurait mérité une reconversion réussie comme son homologue le Chemin de Fer de la Baie de Somme.


Si tous les collectionneurs, les personnes passionnées par cette page d'histoire rassemblaient leurs trésors, une exposition pourrait être érigée à sa mémoire, voire un musée...


Le sentier pédestre de la Boucle du Petit Marais de la commune emprunte une partie des anciennes voies dont le tracé est chargé, pour les rangeois, d'anecdotes et de souvenirs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plan de Rang du Fliers


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HISTOIRE DE RUES...

A l'époque de l'indépendance de la commune (1870),Les rues étaient de véritable cloaques, surtout l'hiver.
Beaucoup portaient le nom de "voie à vaches". Elles etaient bordées de fossés profonds, la plupart du temps inondés. Seules les routes de Berck à Montreuil et de Rang à Wailly étaient carrossables. La première route était utilisée par les carrioles se rendant au marché de Montreuil, ainsi que par la diligence faisant le service entre Montreuil et Berck. Il y avait un relais dans le bourg, le café Bouton(face à la sucrerie). La route de Wailly servait surtout au mareyeurs de Berck, les cach'manées , qui envoyaient tous les jours leurs poissons à Paris dans des voitures spéciales appelées "Paniers à salade".

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Certains patronymes de rues de Rang-du-Fliers interpellent ou bénéficient d'une interprétation logique mais ... fausse. Il en est ainsi des rues "Poulet" ou
"des verger(s)". 
La rue Poulet
Elle s'appelait auparavant "rue de la cabane à puces". Elle devait cette peu avantageuse appellation au fait que s'y trouvait un asile pour les nomades et les malheureux. Les Quénehen, de leur métier charrons,  habitaient cette rue. Leur beau-fils, Poulet, également charron, leur succeda. Il était le seul habitant de l'année de cette rue.

La rue des Verger
Avec une faute d'orthographe "verger" ne devait pas prendre d' "s", puisqu'il s'agissait en l'occurence d'un nom propre."Les Verger" était une famille rangeoise. Un Célestin Verger, d'ailleurs, fit parti du premier conseil municipal, en 1870.
Cette artère pris ce nom en souvenir d'un terrible drame qui se déroula dans la dernière décennie du XIXe siècle.
De 1888 à 1890, la région baigna dans la terreur. Un premier crime jeta la consternation sur Rang-du-Fliers. Les époux Flasque qui tenaient un café isolé sur la route de Berck, furent retrouvés assassinés. Les coupables, bien que connus, ne furent jamais inquietés. Quelques temps plus tard se furent au époux Verger de connaître le même sort dramatique. On confia l'enquête à la brigade de gendarmerie de Montreuil, commandée par le lieutenant Battesti. Or, cet officier avait eu pour ordonnance un nommé Savary. C'est ce dernier, qui, après avoir pris sa retraite, vint à Rang-du-Fliers commettre son forfait. Arrêté, il fut condamné a la peine capitale.
L'éxécution eut lieu sur la grand Place de Montreuil. Dans la nuit du 6 au 7 Septembre 1890, le célèbre Deibler, éxécuteur des hautes oeuvres, monta les bois de justice face à la halle, un peu avant de l'actuel statue du maréchal Douglas Haig. A l'aube, Savary fut éxécuté. On raconta, qu'épouvanté par l'horrible machine, Savary, en se débattant, avait mordu le pouce de Deibler. Ce fut la dernière éxécution capitale qui se déroula à Montreuil.

Phillipe Valcq